Coup d’un Soir – The Guilty (2018)

The Guilty 1

The Guilty

Le téléphone apeure

De Gustav Möller, Avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage – 2018


Est-ce que t’y penses toi aux aveugles ? Perso pas souvent souvent. Et alors les producteurs de cinéma à mon avis, encore moins ! C’est pas non plus avec l’audiodescription qu’on peut avoir sur certains films aujourd’hui que ça doit les aider. Je sais pas si t’as déjà essayé sur ta télé, mais en gros t’as une voix de mec (ou de meuf, parité oblige) qui te détaille de façon totalement mécanique et sans aucune émotion ce qu’il se passe à l’écran. « Les personnages courent. Ils franchissent une porte. La porte se referme ». Autant d’émotion qu’un film avec Kev Adams, c’est dire. Bref, ne rien voir c’est tout pourri (belle conclusion), et bonne chance pour être un tant soit peu stimulé au cinoche. Jusqu’à…aujourd’hui ! Je te sors de mon grand chapeau un film danois (ouais, non, j’te jure tiens le coup, ça le vaut (le coup)). Ce film, c’est le parfait exemple de comment utiliser une chose essentielle au cinéma : le son. À tel point que j’aurais pu sans problème, le regarder les yeux fermés. Explication.

Asger Holm (Gustav Möller) est un agent de police assigné au centre d’appel du 112, le numéro d’urgence au Danemark. Au menu des journées : drogués en crise, victimes de vols, de cambriolage, et autre cas plus ou moins urgents et/ou stimulants. Cependant, lorsqu’appelle Iben (Jessica Dinnage), une jeune femme qui semble venir de se faire kidnapper dans une voiture, Asger va tout mettre en œuvre pour suivre cette affaire jusqu’au bout, armé de sa seule oreillette.

The Guilty 3

En lisant le synopsis du film avant d’y aller, ça m’a rappelé un autre thriller du même genre (assez sympa d’ailleurs), The Call avec Halle Berry, téléopératrice dans un centre d’urgence et qui recevait l’appel paniqué d’une fille kidnappée en voiture. Ça te rappelle un truc ? À la différence de The Call où le film nous emmenait partout, avec la fille, le tueur, les policiers, les courses poursuites et tout le tralala (on n’est pas des amerlocs pour rien, right ?), The Guilty est un vrai huis-clos en temps réel, autocentré autour du visage et du téléphone d’Asger. Ya pas dû avoir de gros trous dans le budget, c’est au moins ça.

Pendant 1h30 (c’est court, c’est bien), on est invité à devenir l’oreille d’Asger et donc…à se fabriquer soi-même les images du film. Et ça fonctionne terriblement bien. C’est pour cela que tu peux le regarder les yeux fermés si tu le veux, avec un poil d’imagination, toutes les images de ce qu’il se passe réellement là-bas dehors sur le terrain avec les flics, dans la voiture du kidnappeur, dans les autres centres d’appels, vont défiler dans ta tête comme si tu y étais, grâce à un travail sur le son exceptionnel.

The Guilty 2

Chaque lieu possède son ambiance propre et son atmosphère, la pluie et les voitures qui passent sur route, les pas qui avancent dans la maison, les portes qui s’ouvrent ou claquent. On entend tout et par ce simple moyen, on ressent tout. La tension du film repose non pas sur des courses poursuites impressionnantes ou des scènes de fusillades classiques, mais entièrement sur quelques notes de basses qui emplissent toute la salle et font vibrer les fauteuils pour retomber dès que le téléphone raccroche.

J’en suis venu à sursauter à la moindre sonnerie puis, dès que l’appel se finissait, à attendre impatiemment le prochain. En plus du son, l’avancée du film est symboliquement représentée par les jeux de lumières sur le personnage. L’histoire débute dans un open-space éclairé, les collègues autour, et à mesure qu’elle avance, The Guilty 5l’atmosphère s’assombrit. On est alors enfermé seuls avec notre héros dans un petit bureau, puis complètement dans le noir, dans le même temps que celui-ci s’assombrit et s’obsède sur cette affaire jusqu’au choc de la révélation finale.

Le jeu est très vite prenant, j’en était le premier témoin (ahah, témoin, jeu de mot ! tu l’as ?) Les appels vont et viennent à un rythme soutenu et laissent peu le temps de s’ennuyer, ce qui aurait pu être le cas si l’on était resté trop longtemps seul avec notre acteur qui est un peu…plat. Bon, faut dire aussi qu’on lui donne en tout et pour tout partenaire de jeu qu’une oreillette alors bon faut pas non plus être étonné qu’il en aitThe Guilty 4 vite fait le tour.

Mais même lorsque son histoire devient plus personnelle (on devine que quelque chose s’est passé avant qu’il n’arrive au centre des appels), je n’ai pas été touché par ce qu’il montre. La barrière de la langue ne doit surement pas aider (Dansk er sådan et smukt sprog !) mais ça ne tient pas qu’à ça, je suis resté sur ma faim devant ses derniers moments. C’est le seul reproche que je puisse faire au scénario de ce point de vue là mais dans la très grande partie, c’est un thriller très réussi où l’on ne s’ennuie pas une seconde, et c’est tout ce que je demandais !

Conclusion : 7,5/10

Un thriller efficace ou la vie ne tient qu’à un (coup de) fil, à regarder avec de bonnes enceintes pour être complètement immergé dans l’histoire !


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