Plan Culte – Les Félins (1964)

Les félins

Les Félins

Elle a les yeux bleus, Mélinda

De René Clément, Avec Alain Delon, Jane Fonda, Lola Albright – 1964


C’est un saut un temps que je te propose aujourd’hui. Allez viens Marty, on saute dans la voiture du doc et direction l’année 1964 ! C’est par un soir de pleine lune (ou de plein d’ennui, c’est toi qui vois) que je me suis retrouvé étrangement captivé par ce film qui passait sur France 5. En noir et blanc, s’il faut en rajouter une couche. Et non, je ne dis pas juste ça pour te faire rêver ! Au diable les conventions, j’envoie tout péter et je regarde France 5 à 24 ans. Dans 2 ans je me mets au point de croix, pour sûr. En attendant le triple A (Arthrite, Arthrose et Arte), je voulais quand même te parler de ce que j’ai vu parce que j’aimerais bien toi aussi que tu le vois. Ouais j’suis comme ça, j’ai envie de te faire découvrir des trucs dont tu ne soupçonnais même pas l’existence… héhéhé ! Calme-toi par contre. Tout de suite. Départ imminent…explication.

Marc (Alain Delon) est un manipulateur/arnaqueur/séducteur à la française qui ne peut s’empêcher de fricoter avec la femme d’un sympathique monsieur, pas forcément hyper content de s’être fait cocufier. Celui-ci décide donc d’envoyer ses gorilles à la poursuite de Marc sur la Côte d’Azur. En essayant de se cacher, il finit par entrer au service de Barbara (Lola Albright), une riche veuve américaine qui vit recluse dans une grande villa avec sa cousine Melinda (Jane Fonda). Il comprend cependant que cette belle opportunité n’est pas totalement due au hasard et va essayer de découvrir ce que lui cachent ces deux femmes…

Les Félins 2

Je n’ai pas souvenir d’avoir vu de film avec un Alain Delon et une Jane Fonda jeunes (et beaux) avant celui-ci. Au moment du tournage ils ont respectivement 29 et 27 ans et ressemblent à ces grandes figures du cinéma de l’ancien monde, que l’on voit parfois sur des belles et grandes affiches en noir et blanc. Des visages lisses, de grands yeux, il fallait une belle gueule pour espérer réussir (et ensuite accessoirement être bon acteur (Kev Adams n’aurait donc jamais eu une seule chance…)).

Ici, notre trio de tête coche toutes les cases et j’ai été complètement hypnotisé par ces trois incroyables créatures qui captent le regard dès qu’elles apparaissent et que l’on n’a pas envie de voir partir. Qu’ils marchent, qu’ils mangent ou qu’ils parlent, tous les jeux de lumières et surtout de miroir sont travaillés pour les sublimer dans tous les plans. En plus de ce travail sur la photographie du film, le son et la voix (qui ont été remastérisés pour la diffusion je pense) collent parfaitement avec l’ambiance sombre et inquiétante que veut dégager le film.

Les Félins 5

Comme un gros chat de gouttière sûr de lui, la voix grave d’Alain Delon rassure et protège celle fluette et douce comme un petit chaton de Jane Fonda, tandis que Lola Albright, l’intrigante et mystérieuse veuve se fait plus discrète et secrète, à la manière d’un persan. Ils sont là nos félins, se tournant autour et se rapprochant, à force de caresses et miaulements. À se demande : sont-ils vraiment félins pour l’autre ? (Désolé fallait vraiment que la fasse, tu peux partir si tu veux je comprendrais.)

Trois personnages, trois duos, pour une histoire. Cette histoire, c’est celle d’un secret gardé par les deux femmes. Se faisant passer des saintes puritaines au départ, on comprend assez vite qu’elles n’ont pas embauché Marc juste pour son beau sourire (bon après ça m’aurait pas trop étonné non plus, ça doit pas être tous les jours qu’on fait tourner les serviettes avec ces deux nonnes sur la Riviera).

Les Félins 4Comme lui, on ne sait pas grand-chose et c’est les investigations qu’il fait qui vont nous permettre d’en apprendre un peu plus. C’est assez amusant ce jeu du chat et de la souris auquel il se livre avec les deux demoiselles en même temps (y’a pas de raison de se priver tu me diras). Seul truc qu’il n’avait pas forcément prévu, c’est que ce sont elles qui mènent la danse !

D’un côté, Barbara en excellente veuve noire, tisse sa toile et le surveille avec ses yeux cachés afin de parvenir avec ses fins. De l’autre, la très séduisante (et bien moins innocente qu’elle en a l’air) Melinda a un peu pitié de lui et va toutefois essayer de le soustraire à l’emprise de sa cousine. Ou est-ce que c’est pour mieux le garder pour lui ? Les femmes sont retorses et indépendantes, adeptes des manipulations et coups-bas, aussi bien avec lui qu’entre elles. En 1h40, tout tient parfaitement et encore aujourd’hui, rien n’a vieilli. À part deux choses : Alain Delon et Jane Fonda (l’un mieux que l’autre, je vous laisse deviner). Seul regret lorsque le film se termine…

Conclusion : Un excellent huis-clos d’une beauté incomparable et avec un twist final mémorable !


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