Cours d’un Soir – Under the Silver Lake (2018)

Under The Silver Lake 1

Under the Silver Lake

Le monde est (sacrément) stone

De David Robert Mitchell, Avec Andrew Garfield, Riley Keough – 2018


Bon, j’suis bien embêté. J’ai un dilemme de la plus haute importance : est-ce que je dois te recommander un film que je n’ai ni vraiment aimé, ni vraiment détesté ? Je me retrouve littéralement le cul entre deux chaises (j’te jure, pour écrire ça je me suis mis en situation pensant que ça allait aider. Verdict ? Ça aide pas) et je ne sais pas quoi te dire. Une partie de moi veut te faire découvrir cet OVNI, sorti d’un cerveau d’un fou furieux avec des tas de très bonnes idées et de mises en scènes géniales ; l’autre partie veut te préserver car je pense qu’il faut être un peu chtarbé comme je le suis pour avoir apprécié ce film. Allez, je me lance quand même. Explication.

Sam (Andrew Garfield), est un trentenaire un peu (beaucoup) paumé, sans emploi, qui passe ses journées à fumer, glander et espionner sa voisine exhibitionniste nourrir ses perroquets. Un soir, en rentrant chez lui, il rencontre Sarah (Riley Keough) qui habite juste en dessous de son appartement, une jolie blonde qu’il avait reluquée avec ses jumelles (pervers) depuis sa fenêtre. De rires idiots en sourires niais, la comédie romantique semble arriver à grand pas…jusqu’à ce que Sarah disparaisse sans laisser de trace, du jour au lendemain. Où est-elle passée ?

Under The Silver Lake 2

C’est LA grande question du film et celle à laquelle Sam va essayer de répondre pendant près de…2h15. BOUM. Oui, je balance tout de suite la bombe, ce film est LONG. Et quand tu entres dans la salle avec une envie pressante mais que bon, quand même, tu vas pas partir maintenant Thomas, le film va commencer au moment où tu vas te lever, serres les fesses et souris bordel ! Quand tu dis ça…ben ça parait encore plus long.

Qu’est qu’on y met du coup dans ces 145 minutes me demandes-tu ? (Ouais je sais, quand tu vois écris 145 minutes ça paraît encore plus long) Et bien pour résumer, une enquête assez surréaliste, entrecoupée de scènes encore plus bizarres, le tout semblant tout de même encadré par une chape de logique (dont le joint doit être un peu percé). Quand je repense à ce film, je vois une succession de moments et de rencontres (moi, si je devais résumer ma vie, aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres) que je n’arrive pas vraiment à remettre dans l’ordre et c’est là le problème du film.

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On en a beaucoup trop et je défie quiconque de résumer ce film simplement. J’ai essayé, résultat j’ai 3 pages de Word (qu’est que je vais bien pouvoir en foutre). Je n’aime pas vraiment dire du mal des films en général (sauf pour Le Crime de l’Orient-Express, un jour je déverserai me haine sur toi) donc je vais m’arrêter là…mais je pense t’avoir bien dégoûté, non ? Et bien c’est l’heure de prendre le chemin inverse !

Tout n’est pas à jeter dans ce film, loin de là même, et tout ça me donne envie de lui pardonner ces quelques errances, surtout pour le fait que je ne me suis pas ennuyé une seconde, grâce à plusieurs choses. En premier, Andrew Garfield est l’incarnation parfaite du mec complètement déconnecté, qui court les bras ballants le long du corps et qui tabasse aussi bien les gamins que Jésus jusqu’au sang. Et ça c’est drôle, c’est le Under The Silver Lake 3point fort du film d’avoir un humour aussi cru et second degré, qu’il soit incarné par des paranoïaques de premier plan (Patrick Fischer, un écrivain à la maison remplie des masques en plâtres des stars de Hollywood) ou des situations invraisemblables (de l’écureuil suicidaire au putois tueur).

C’est drôle et c’est beau (tout l’inverse de Kev Adams), Los Angeles fait rêver comme dans La La Land, loin des strass et paillettes mais proche des montagnes, du soleil, et du réservoir de Silver Lake, quartier ayant donné son titre au film. L’atmosphère qui se dégage du film est magnifique, aussi bien la douceur du jour que l’angoisse des nuits. J’adore quand les villes sont filmées comme ici, à savoir très douces et calmes, comme un personnage àUnder The Silver Lake 6 part entière. Elle respire en fond, tout doucement, et donne très envie de s’y arrêter pour vivre à son tour dans cette ambiance si particulière.

Enfin, dans ce film on joue et on s’amuse avec les messages subliminaux et les codes secrets à la Benjamin Gates (quoi de plus jouissif de découvrir la trace de la relique de St-Machin après avoir déchiffré le carré magique du livre de Truc-Muche en ayant exposé la coupe de Perlimpinpin à la lumière du soleil de 8h54 pendant le 12ème solstice du siècle, entre les rues Vaugirard et Alphonse Daudet, oui j’adore ce genre de truc). Au programme mes bonnes dames et mes bons messieurs, énigmes, légendes et tunnels secrets avec pour couronner le tout, une théorie du complot !

Ça marche fort en ce moment les théories du complot.  Ici, c’est la pop culture et les plus grands tubes de musiques qui sont remis en question d’une manière assez dingue (non je ne vais pas spoiler comme ça si tu veux savoir, tu iras voir ce film) et qui se termine par une scène de baston intergénérationnelle assez surréaliste et complètement folle ! Alors tu vois, il y en a des raisons pour aller voir ce film ! Et, SPOILER ALERT, la fin apporte des réponses si ça peut te rassurer ! Bon, ça reste dans le sacrément perché mais à ce stade-là, est-ce qu’on est encore surpris ?

Conclusion : 6,5/10

Un film étrange et mystique qui mérite qu’on prenne le temps de s’y intéresser au moins une fois !


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