Coup d’un Soir – À l’Origine (2009)

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À l’Origine

Highway to Hell

De Xavier Giannoli, Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Soko – 2009


Pourquoi s’embêter à imaginer un scénario à la Inception ou Avatar, quand on peut tout simplement s’inspirer de la vraie vie ? Par exemple, moi je connais un mec hypocondriaque ! Bon, y’a ptet pas de quoi en faire tout un film (quoique, Supercondriaque avec Dany Boon). Ah, sinon ! Ouais je sais, je connais un autre mec, ben lui il est super radin ! Non c’est vrai, ptet pas suffisant non plus (quoique, Radin avec Dany Boon). On oublie Dany Boon et on part plutôt dans la Sarthe. Non, je dis pas ça juste pour te faire rêver. Inspiré d’une histoire vraie, À l’origine c’est une histoire de scarabées. Puis tout est devenu un peu plus compliqué et au bout du compte, on arrive à l’arnaque de l’année, voir de la décennie. C’est complètement fou, et c’est assez bien ! Explication.

Paul (François Cluzet) est un escroc, spécialisé dans l’arnaque aux chantiers. En prenant différentes identités, notamment celle de Philippe Miller, il vole du matériel pour le revendre sous le manteau. Lorsqu’il débarque dans un village du nord de la France pour inspecter un nouveau terrain, il ne se doute pas encore qu’il peut faire l’un de ses plus gros coups. Depuis deux ans et l’arrêt des travaux de l’autoroute A61, les habitants sont durement touchés par le chômage sous le regard impuissant de la maire Stéphane (Emmanuelle Devos). En se faisant passer cette fois pour le repreneur des travaux, Paul s’attaque aux entreprises locales avant de sombrer de plus en plus dans son mensonge…

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Dès la fin du film, je me suis précipité sur internet pour savoir ce qu’il s’était réellement passé dans cette histoire. François Cluzet joue en fait le rôle de Philippe Berre, et pour que ce soit bien clair, sur sa fiche Wiki dans la case activité il y a écrit « Escroc ». Carrément ! Ce Philippe donc, a fait pas mal de coups tordus en se spécialisant dans l’usurpation d’identité, tour à tour garde-forestier, technicien de la DDE ou, dans ce cas précis, ingénieur du chantier de l’A28 dans la Sarthe (on y arrive !)

En 1997 pendant 3 semaines, en pleine crise de chômage, il est parvenu à embaucher une vingtaine de personnes le temps de monter quelques baraquements et de terrasser le terrain en prévoyance de la construction de cette autoroute, totalement fictive. Il serait parvenu à toucher comme ça environ 200 000 francs, à la suite de dons de notables pour ce projet. À lire comme ça, ça parait assez invraisemblable, dis-toi que ce film pousse le curseur au maximum.

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Lorsque François Cluzet débarque dans le village où se passe le film, il se fait passer pour un employé de la CGI, l’entreprise chargée des travaux de l’autoroute. En quelques heures, la nouvelle est répandue, le messie est là, il va enfin se passer quelque chose avec ce chantier à l’abandon ! C’est un peu ça en vrai, dès le lendemain de son arrivé des prestataires l’approchent pour lui demander de les choisir si jamais les travaux reprenaient…en échange de quelques billets. Même beaucoup de billets.

Deux jours plus tard, la maire l’attrape dans la rue pour discuter avec lui et le troisième, on commence déjà à lui donner des CV, notamment Monika (jouée par Soko, géniale), qui travaille à l’hôtel où il loge. Déjà perso, à peine la maire vient me dire bonjour que je me À l'origine 2casse en courant de peur de me faire gauler ! Mais non, Paul se permet de rester, de faire croire qu’il est juste venu au départ pour faire un état des lieux avant de voir que, parmi les entreprises de construction locales, beaucoup seraient prêtes à aligner les billets pour travailler sur le chantier.

À l’origine donc, le fric, les sous, le flouze, le blé, le cash, il ne vient que pour cela. Et du côté des habitants, le travail, le job, une vie sociale, bref un peu d’espoir, et c’est tout ce qu’il fallait pour qu’ils plongent la tête la première dans cette aventure. Faut les comprendre aussi, parce que Paul est très convaincant dans son faux boulot. Il s’invente un société bidon supposée connectée à la CGI, des cartes de visites, des plans…il inspire confiance aux gens, et c’est quasi un exploit de réussir à emmener tant de personnes avec soi. Au bout du sixième jour, un hangar est réquisitionné pour y mettre des bureaux, des imprimantes, des tables et le septième jour, on se repose on est parti pour la construire cette autoroute !

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Ce avec quoi j’ai eu le plus de mal, c’est de le comprendre lui à mesure que le film avance. L’argent au black commence à arriver assez vite de la part des fournisseurs et si je me mets dans la tête d’un escroc (fastoche), je me barre avec la caisse en moins de deux secondes !!!! Alors oui, il commence à se rendre compte que beaucoup de personnes comptent sur lui, il reçoit plein de dessins d’enfants, des sourires, des tapes dans le dos et les beaux yeux de la maire…faut croire que c’est l’ensemble de ces détails qui vont le pousser à rester, à voir défiler les camions pour aller démarrer les travaux, là-bas, pour construire cette autoroute vers nulle part.

Ça en devient finalement maladif de s’obstiner autant et de trouver encore plus deÀ l'origine 5 magouilles et de combines pour retarder les paiements, peu importe les conséquences. En fait c’est ça le sujet du film, le portrait d’un mec qui va sombrer dans la folie et une spirale infernale qu’il a lui-même enclenché. Et dans sa spirale, il va évidemment entraîner tout le monde et ça en devient horriblement frustrant. Je ne le comprends définitivement pas lors de la dernière partie du film, ce qui m’a empêché d’être vraiment touché par ce personnage.

J’ai en revanche trouvé Emmanuelle Devos et Soko beaucoup plus convaincantes et réalistes. Ce sont deux très beaux et bons portraits de femmes, pleines d’espoir et d’admiration mais qui vont être les plus touchées et le plus souffrir comme l’on peut s’en douter. Elles ont pour points communs d’avoir le même sourire, celui des personnages simples qui essayent juste d’aider les gens et de faire de leur mieux. À trop donner, j’imagine que derrière c’est toute la confiance qui est brisée et j’aimerais bien voir ce qu’elles peuvent devenir par la suite et s’il est possible pour elles de se reconstruire.

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Car finalement, la seule chose qui reste solide comme du béton, c’est cette route, qu’on attend impatiemment de voir se terminer. Je suis ressorti du film tendu par ce suspense et cette injustice, tout ce que je peux faire c’est continuer à faire vivre ces personnages dans ma tête, en imaginant pour eux une belle fin qui mène, elle, quelque part.

Conclusion : 7/10

Une histoire folle et intéressante mais qui manque de crédibilité et d’émotion sur la longueur.

 


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