Coup d’un Soir – Pupille (2018)

Pupille 1

Pupille

Prendre un enfant par la main

De Jeanne Herry, Avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez – 2018


Une parenthèse de douceur et de gentillesse dans ce monde beaucoup trop brutal. Voilà en quelques mots comment je voudrais résumer ce film, comparable à une caresse ou à un baiser. Si tu veux que l’on s’occupe de toi comme un nourrisson, c’est exactement le film qu’il te vaut. Pas de cris, pas de brutalité, quelques larmes quand même parce que c’est beau la vie et c’est beau les gens. Pour moi c’est clairement l’un de meilleurs films de l’année 2018 et justement le bon choix pour débuter cette année 2019 ! Allez, encore une fois en douceur, explication…

Lorsqu’une jeune femme décide de laisser son enfant à l’adoption juste après son accouchement, c’est tout un processus qui se met en place. De la puéricultrice (Stéfi Celma) à l’assistante sociale (Clotilde Mollet), en passant par les services de l’adoption (Miou-Miou et Olivia Côte), ceux de l’aide à l’enfance (Sandrine Kiberlain) et de la famille d’accueil (Gilles Lellouche), c’est un passage de relais qui attend le petit Théo, avant d’être remis à sa nouvelle maman Alice (Elodie Bouchez) …

Pupille 4

Je connaissais Jeanne Herry par son premier film, Elle l’Adore, aussi avec Sandrine Kiberlain et qui était déjà pas mal du tout, une comédie un peu barrée où une groupie de chanteur l’aidait à couvrir un meurtre. Il manquait un petit quelque chose de cohérent quand même mais c’était déjà du bon boulot et si tu veux en savoir plus suis le lien. Et alors là, mais c’est une perle sublime qui devrait être vue par tous les parents du monde. Et les enfants aussi, faut quand même que je m’inclus dedans à un moment.

On n’est pas dans la comédie cette fois, même si le film réussit à avoir des bons moments d’humour notamment avec les scènes de théâtre (Alice est audio-descriptrice pour aveugles) ou dans les dialogues. Le thème voudrait faire passer le film dans la case drame, mais impossible de qualifier ça de dramatique, plutôt de lumineux et positif. En même temps, avec le sourire de ce gamin présent à l’écran 90% du temps, impossible de ne pas être ému !

Pupille 3

Cette émotion, elle est également très forte lors des deux scènes qui se répondent en écho dans le film : l’abandon de Théo par sa mère biologique, et la rencontre entre Théo et sa nouvelle maman adoptive. Chacune à leur façon, elles n’ont pas de mots, plus de voix, l’impossibilité de dire au revoir face au trop plein de sanglots pour arriver à dire bonjour. Et alors bien évidemment que moi aussi je chiale tellement c’est émouvant.

Tout ça passe par l’iiiiiiiiiiiiiiiincroyable casting de ce film, tous les acteurs sans exception étants d’une justesse et d’une sensibilité parfaite dans leur rôle. Je sais, ça en fait des superlatifs mais encore une fois qu’est que ça fait du bien de voir ça à l’écran ! Sandrine Kiberlain, dans son rôle d’assistante à l’enfance un peu trop investie est comme toujours géniale ; Gilles Lellouche m’a vraiment très agréablement surpris dans ce rôle de père d’accueil extrêmement à l’écoute ; et encore tous les autres que j’ai cité dans le résumé, je vais pas en dire beaucoup plus parce que ça ferait répétitif (ça le fait Pupille 6déjà non ?), alors juste pour tous un grand bravo.

Du coup il faut quand même que je dise également un bravo à la réalisatrice pour son beau bébé, non ? En premier, c’est d’abord un super beau choix de sujet que celui de l’adoption, enfin plutôt de cette période d’entre deux, où il faut trouver des parents pour un enfant tout juste né. On ne se rend pas compte de tout ce que cela entraîne, tout le processus derrière ces lourdeurs administratives dont personnellement je savais simplement que pour devenir parent adoptif, il fallait des années et des années d’attentes. C’est le cas aussi du personnage d’Alice, qui a déjà attendu huit années avant de voir arriver sa chance, et dont le sort se décide en à peine 2 mois.

Ce délai, c’est le temps de rétractation dont dispose la mère biologique avant d’éventuellement revenir sur son choix d’abandon. Une des plus belles scènes du filmPupille 2 est justement l’une des premières, où l’assistante sociale jouée par Clotilde Mollet explique à la mère – et à nous par la même occasion – tous le processus engendré par ce choix. Les mots choisis sont extrêmement simples mais d’une précision et d’une compréhension remarquable, voilà ce qu’il va se passer, je suis là pour t’accompagner.

À partir de ce moment, une grande chaîne de coopération va se mettre en place pour s’occuper de cet enfant. C’est vraiment très intelligent et bien construit la façon dont tous les maillons de cette chaîne vont intervenir un par un, une sorte de passage de témoin avec toujours au centre, Théo à qui l’on parle, que l’on regarde et qui nous regarde. Car ce qui importe, c’est lui, et ce que recherchent les personnes qui vont s’occuper de lui, ce sont les meilleurs parents possibles. Non pas de trouver un enfant pour des parents en manque.

Je cite ici le personnage d’Olivia Côte (typiquement l’actrice qu’à chaque fois que je la vois je me dis que je la connais mais sans jamais retrouver son nom ; mais c’est bon cette fois promis je le retiens !), qui va être au cœur de l’unique scène de violence du film, violence verbale lorsqu’elle annonce à un couple qu’elle va émettre un avis défavorable à leur demande d’adoption. Le seul moment de tension est causé justement par l’absence d’enfant, quand tout le reste du film est sous le signe de la tendresse.

Pupille 5

Voilà finalement où se cache le drame, celui que l’on n’a pas envie de voir mais qui représente finalement la majorité des cas. En prenant ce point de vue ouvert et bienveillant, on nous épargne la cruauté du système…et finalement je me dis que je préfère en être protégé. Non pas par peur ou par flemme, mais juste parce que le beau message d’espoir me suffit et je pense te suffira à te rassurer, comme tous ceux qui le regarderont aussi !

Conclusion : 10/10

Un magnifique film sur l’adoption, d’une douceur qui fait vraiment du bien et où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde !


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