Plan Culte – Whiplash (2014)

Whiplash 1

Whiplash

Je joue de la musique

De Damien Chazelle, Avec Miles Teller, J.K. Simmons – 2014


Vlan
VLAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !

Une bonne claque dans ta gueule.

C’est ce qui t’attend si tu regardes ce film. Personnellement, seulement 4 ans après sa sortie, je le considère déjà comme culte. Tout comme le deuxième film du même réalisateur, La La Land, dont je parlerais peut-être un jour. Mais l’exploit du mec c’est d’avoir su, dès son (quasi) premier long-métrage, réaliser un truc de dingue. Un fou furieux. Il aura bientôt 34 ans et dans sa fiche Wikipédia, à la section « Films Notables » se trouvent Whiplash, La La Land et First Man. Soit 3 films sur les 4 qu’il a réalisé en tout, si c’est pas la classe ça. Premier épisode de mon admiration cœur cœur love love pour ce type qu’est Damien Chazelle avec cet incroyable film. Explication.

À 19 ans, Andrew (Miles Teller) rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de Jazz de sa génération, et a intégré pour cela le prestigieux conservatoire de Shaffer à Manhattan. Lorsque Terrence Fletcher (J.K. Simmons), le chef d’orchestre le plus renommé de l’école, le remarque et l’intègre à son groupe, c’est le début du rêve pour Andrew…jusqu’à ce que Terrence se révèle être un prof féroce et tyrannique.

Whiplash

Je crois qu’un des premiers critères sur lequel je juge un film est le même que j’utilise pour analyser une chanson : c’est le rythme. Là où la chanson doit être capable de me faire dodeliner plus ou moins fortement de la tête, un film ne doit lui non plus pas laisser mon cerveau se reposer. C’est crucial d’être challengé, stimulé, et de ressortir en se disant que de toutes les scènes du film, pas une ne devrait être enlevée.

J’ai conscience que ça doit être monstrueusement difficile pour le réalisateur et surtout le monteur d’un film d’arriver à ce que je considère comme cette perfection, j’en parlais en début de semaine justement avec Elle l’Adore qui avait un chouïa ce défaut. Je dis pas pour autant qu’il faut de l’action de l’action de l’ACTION, non non même au contraire pas forcément besoin de gros muscles et d’explosions pour avoir du rythme. Parfois il suffit juste de dialogues bien ciselés (comme le persil), de mouvements de caméras fluides (comme la crème) ou même simplement de silences chargés (comme le mojito (j’arrête avec la bouffe juré)).

Whiplash

Si j’en viens à faire deux paragraphes complets sur le rythme, tu te doutes bien que c’est pas pour dire après que le film est tout mou du slip et que je me suis fait chier comme un rat crevé. Donc si faut que je le dise pour le dire, bordel c’que c’est bon un film qui a autant de PÊCHE ! Tac tac tac c’est rapide, punchy, envoyé c’est pesé, les baguettes tremblent sur la batterie, les cymbales volent en l’air, les insultes fusent dans la pièce et les quelques moments de répits qu’on nous donne, servent juste à nous préparer à ce qui arrive.

Faut dire que les mecs savent de quoi ils parlent : Damien Chazelle était lui-même batteur dans un groupe de jazz quand il était au lycée et Miles Teller en joue depuis ses quinze ans. Le premier s’est d’ailleurs inspiré de son histoire personnelle pour raconter l’histoire de ce jeune gars, et surtout de ce prof absolument traumatisant.

Whiplash

Dès qu’il entre dans la salle, regards au sol, transpiration sur le front, plus un bruit même pas une mouche qui n’ose voler tellement les gars se pissent dessus de peur face à lui. L’acteur qui a ce rôle est un génie, un dieu vivant du cinéma, une bête féroce et impitoyable sous un corps de chauve. J’dis ça parce que quand même, bon, quand on voit un chauve, on se dit pas qu’il va nous faire de mal, non ? Regarde Louis Bodin. Ou François Lenglet. Bon ben là c’est pareil sauf que sous le crâne, c’est le sergent Hartman de Full Metal Jacket (en vrai il est pas chauve mais avec le chapeau on dirait, non ?).

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C’est un tyran de première classe qu’il joue et qui va pousser à l’extrême tous ses musiciens, et évidemment le personnage d’Andrew. Recommence, encore, encore, encore, ENCORE jusqu’à ce que le tempo soit exactement le même, jusqu’à ce que tu puisses suivre les autres, jusqu’à ce que ce soit PARFAIT, même si tu dois en venir à laisser tes doigts en sang sur les baguettes !

En tant que spectateur, c’est terriblement stressant et oppressant d’assister à cette torture physique et psychologique, que je retrouve dans le Black Swan de Darren Aronofsky, avec cette relation entre Nina et Thomas. Dans les deux cas, les artistes sont poussés à bout par leurs professeur/metteur en scène qui veulent le meilleur, qui veulent la perfection. Où est la limite dans ce cas-là ? « Il n’y a pas de limite. Les grands musiciens n’abandonneront pas s’ils le veulent vraiment ».

C’est bien gentil d’avoir des principes à la con mais au bout d’un moment évidemment ça fini toujours par casser. Pas pour rien que Nolwenn en a fait toute une chanson. Le

Whiplash

secret dans cette montée en tension c’est la mise en scène ultra efficace de Damien Chazelle. Gros plans sur les instruments, les doigts qui pianotent, les partitions, les gouttes de sueur, les baguettes, on est dans la salle, on est à côté de la batterie, on EST la batterie, les coups se répercutant dans tout le corps. Ah oui, si je l’avais pas encore dit, faut le regarder avec des bonnes enceintes ce film, ou au moins des écouteurs pour être complètement dedans.

Ça aurait été con que la musique soit loupée quand même. Mais non, évidemment, le mec est parfait jusqu’au bout du truc (enfin là c’est surtout Justin Hurwitz le directeur de la musique qui a également pondu tous les tubes de La La Land) et c’est une merveille qui m’a fait aimer et bouger la tête sur du jazz pendant 90 minutes non-stop. Alors que c’est loin (genre aussi loin que l’est Kev Adams du bon goût) d’être ma tasse de thé. En particulier le morceau Whiplash qui a donné son nom au film, qui me reste encore et toujours en tête. WhiplashPeut-être parce qu’il me fait penser à la musique des Indestructibles (ouais je sais, c’est pas le plus sensé mais j’adore les deux).

Pour finir de te convaincre si tu ne l’es pas déjà, la fin du film m’a littéralement foutu les poils pendant une bonne minute après sa fin. Et c’est très long soixante secondes. Le dernier quart d’heure est absolument incroyable et finit par cinq minutes de folie, sans un mot, sans une parole mais juste avec des regards, des demi-sourires et encore et surtout une musique à rendre fou qui prend possession de ton corps et de ta tête. Une expérience unique qui personnellement me fait toujours le même effet à chaque fois que je revois ce film. Et ça, c’est le signe d’un film culte.

Conclusion : Une claque visuelle et auditive, un des meilleurs films de l’année 2014 qui restera à mon avis longtemps dans les annales.


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