Coup d’un Soir – Ex Machina (2015)

Affiche

Ex Machina

Oh Ava…

De Alex Garland, Avec Domhnall Gleeson, Oscar Isaac, Alicia Vikander – 2015


Voilà le huis-clos du futur, deux hommes et une femme. À l’exception près que cette femme est un androïde ultra avancé, capable de parler comme une humaine et de rendre les gens compatissant à son égard. Devant le débat croissant de la robotisation de la société (eh oui, il m’arrive de dire des trucs sérieux parfois aussi), voilà une proposition qui nous demande jusqu’à quel point l’on serait prêt à aller pour une machine qui parle comme nous, bouge comme nous, ressemble à nous…et pense comme nous ? La réponse est intéressante, intrigante et le dénouement inattendu. On a tout bon donc, non ? Explication.

Caleb (Domhnall Gleeson), programmeur dans une énorme boîte d’informatique, a gagné un concours pour venir passer une semaine avec Nathan (Oscar Isaac), le PDG de son entreprise, qui vit seul dans une immense maison au milieu de la nature. Derrière cette invitation, un but : que Caleb participe à une forme de test de Turing face à une intelligence artificielle nommée Ava (Alicia Vikander).

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Point culture : le test de Turing, inventé par Alan Turing en 1950 (dont la vie est jouée par Benedict Cumberbatch dans le génial Imitation Game), est un test basé sur la capacité d’une machine à se faire passer pour un humain : un homme sans contact visuel avec ses interlocuteurs, va parler à la fois à une autre personne et à un ordinateur. S’il n’est pas capable de dire lequel de deux est un robot, c’est que le logiciel a passé le test. Fin du point culture.

Ici le test n’est pas totalement respecté. Caleb va être mis directement en contact face à face, à travers une vitre, avec Ava, tout en tuyauterie et cœurs optiques. On repassera sur l’absence de contact visuel. Il va donc être chargé par Nathan, nerd bodybuildé sous stéroïdes, d’établir un verdict, sur la véracité du dialogue qu’il noue avec Ava. Dès le départ il veut la challenger : est-elle capable de comprendre une expression ? peut-elle comprendre l’humour ? Ce petit jeu entre les deux personnages va cadrer les 1h40 du film par différentes « sessions » (à défaut de mettre un peu plus de rythme), qui vont nous permettre d’en apprendre un peu plus sur chacun d’eux.

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Cette semaine de vacances au milieu des montagnes et des cascades (apparemment tourné en Norvège, c’est maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaagnifique !), dans le but de tester en exclusivité le futur de l’humanité, c’est un rêve éveillé pour Caleb. J’adore ce rouquin qui a joué dans des comédies ou des séries anglaises (comme le génial Il Était Temps ou la tout autant génial série Black Mirror dans un épisode où il jouait…un robot !) et même dans les nouveaux Star Wars (un méchant dont j’ai pas grand souvenir honnêtement donc bon, c’est juste pour le fun), il a un tête de faux timide qui peut faire sortir son dark side à tout moment et qui fonctionne très bien au cinéma. À sa place, bon niveau acting je pense pas que je sois à son niveau, mais j’avoue que j’adorerais voir cette Ava en face de moi !

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Alicia Vikander arrive à faire un truc de fou en rendant cette machine à la fois humaine (elle a des petits tics nerveux avec ses mains), sensible (on peut distinguer des larmes lui montant aux yeux lorsque Caleb parle de la mort de ses parents lorsqu’il était jeune), tout en restant parfaitement robotique et mécanique, avec des gestes ultra-maîtrisés et élégant. Un robot certes, mais avec une grâce et une beauté folle, qui ne vas pas laisser Caleb indifférent. C’est ce qu’observe, pendant tout ce temps, Nathan derrière son écran (pervers).

On a donc une espèce de triangle amoureux, mais sans amour, plutôt avec une fascination des uns envers les autres. Nathan est (prétendument ?) intéressé par le parcours et les connaissances de Caleb, lui-même respectivement impressionné et fasciné par Nathan et Ava, cette dernière étant enfin (prétendument ?) interloqué par Caleb, le premier homme qu’elle rencontre après son créateur, Nathan. Un jeu de dupe finalement, Caleb se faisant renvoyer de Nathan à Ava comme une balle de ping-pong. Autant j’ai trouvé la relation entre Caleb et Ava fascinante, autant j’ai eu plus de mal avec le personnage de Caleb.

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C’est peut-être tout le but de l’intrigue aussi, car Ava met en garde Caleb à son égard. Et nous par la même occasion. « Tu ne devrais pas le croire. Ce n’est pas ton ami. » Ah. Et là, ça devient cool. Alors comme lui, je me méfie, je ne crois pas ce qu’il me dit avec son air d’intello hyper musclé et le film bascule alors dans le thriller avec des mystères et des secrets. Oscar Isaac est parfait dans son rôle de mec inquiétant beaucoup trop intelligent pour le reste du monde, il arrive à mettre une tension dans l’air dès qu’il arrive. Je retiens surtout de lui une scène de danse complètement surréaliste, une bulle pop et colorée en plein milieu d’un monde terne et gris, que j’ai honnêtement un peu de mal à m’expliquer. Mais je suppose que tout intello qui se respecte pète un câble de temps en temps. L’omniprésence des caméras dans les chambres et les couloirs empêche également de se sentir complètement libre, et ça marche super bien. L’ambiance des vacances devient totalement anxiogène et Caleb en devient paranoïaque au point de se demander s’il n’est pas lui-même un androïde.

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On se méfie de Nathan…mais finalement, ne devrait-on pas plutôt se méfier d’Ava ? Tu me diras, c’est quand même tout le but du film ! Mais on en viendrait presque à oublier qu’elle boit de l’huile de vidange et mange du lithium pour son goûter. Et lorsqu’il est impossible de savoir ce qu’il se passe dans sa tête, elle, arrive à lire les micro-expressions de notre visage. Pas la peine de cacher quelque chose, la meuf c’est un détecteur de mensonge ambulant. Vachement rassurant.

Pour être honnête, je m’attendais un peu à la conclusion qu’offre ce film. Il manque un certain degré de choc au spectateur que je suis pour être totalement satisfait de l’issue proposée même si je reste subjugué par les images qui défilent. Les dernières images répondent en écho aux premières. On a enfin la réponse, le test de Turing a-t-il été passé ? Maintenant la question qu’on se pose c’est : qu’est qu’on en fait ? D’autres films ont déjà commencés à un peu répondre à la question…

Conclusion : 8/10

Un très bon huis-clos du turfu, les acteurs sont géniaux et l’ambiance particulièrement inquiétante, juste dommage qu’il n’y ait pas plus de rythme et de surprise !


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